10.10.06
7.10.06
movie


C'était il y a un peu plus d'une semaine. Ici, au bureau, rue Bisson. La musique électronique était très forte, les danseurs nombreux. L'ivresse avait gagné la plus grande partie des personnes présentes. L'espace s'était rétréci sous les effets conjugués de la chaleur et de la fumée. Et, dans un coin sombre, le film de LC passait en boucle, en silence, sur mon ordinateur. Aujourd'hui, je ne sais plus trop pourquoi j'ai ressenti le besoin de le voir, ce soir là. Mais ce dont je me souviens, c'est ce sentiment d'évidence : c'était le film qu'il me fallait montrer à certains, c'était le film qu'il me fallait revoir.
4.10.06
29.9.06
28.9.06
25.9.06
21.9.06
prémices

Là, aujourd'hui, en cette fin de ce doux mois de septembre 2006, ça commence : début des agressions ciblées. La pression va monter peu à peu. Incidents par ci, interpellations par là. Le rapport des forces s'installe tandis que la tension s'accentue et que les contradictions ne cessent d'augmenter. La conflagration est proche.
18.9.06
10.9.06
avenir

Un de ces jours, j'aimerais pouvoir me lever avec calme le matin, arriver au bureau, rue Bisson, et savoir de quoi sera faite l'année à venir : comment les prochains mois de ma vie vont s'ordonner, comment les films entrepris vont exister. J'aimerais être un tant soit peu maître de l'écoulement du temps (de mon temps). Mais, voilà, c'est impossible. Les variables sont trop nombreuses, les différentes voies trop obscures. Les stratégies ont fait long feu et les tactiques n'ont jamais eu le temps de se mettre en place. Les certitudes ne sont pas pour demain, ni même pour après-après-demain. Je ne suis même plus sûr qu'elles existeront un jour : désormais, il me faut avancer dans la nuit, sans savoir où je vais.
6.9.06
répétition

Là, depuis quelques jours maintenant, depuis le début de cette semaine pour être plus précis, les rapports avec la banque, la couverture urgente, impérative et nécessaire des chèques émis, la création de nouvelles lignes dailly (la prorogation des autres) sont à nouveau mon principal et quasi unique travail (angoisse ?). Il me faut à nouveau inventer des euros, trouver un merveilleux chapeau et la baguette de magicien qui va avec, tenir le coup, éviter l'explosion - encore et toujours - comme au mois de mai, comme au mois de juin, comme au mois de juillet. Finalement, il n'y aura eu que quelques jours de répit/repos en août...
Hum...
Oui, je le sais, producteur, c'est toujours, au final, une histoire de fric : il faut savoir assumer.
Hum...
Oui, je le sais, producteur, c'est toujours, au final, une histoire de fric : il faut savoir assumer.
1.9.06
in progress 3

Reçu ce jour, en ce premier jour de septembre et en provenance de Haïti, ce mail de SL qui achève de me convaincre en ce qui concerne la fin (du montage) de mon film :
" (...) je ne sais si on peut en faire une vérité générale, mais un montage me semble toujours devoir s'opposer au tournage. Il n'y a aucune fidélité, aucun respect qui tienne face à la matière que l'on pense avoir. Il faut tenter au maximum de la considérer comme une forêt vierge à explorer. Cette matière dicte une cohérence, dicte ses impératifs, mais ils sont souvent bien loin de nos souhaits d'origine, et c'est tant mieux. Cela ne signifie pas pour autant aller dans le sens de la pente des rushes, cela ne signifie pas ne pas aller au-delà des évidences premières que proposent les images (ça me rappelle un vieux débat avec le père Q.). Mais justement, accepter le conflit avec le tournage, c'est aussi accepter de dépasser les premières évidences, pour construire du neuf (...) "
29.8.06
nuitées

Depuis le 3 janvier de cette année, j'ai passé 21 nuits chez JS, 38 chez EM, 61 chez SDF, 35 chez SL, 2 chez ALH et LH et 4 chez EF. Je suis également allé 7 fois à l'hôtel (à Paris, Angers et Locarno) et 3 fois dans un gîte proche d'Orléans. Le 14 avril, pour la seule et unique fois, je me suis réfugié au bureau. Enfin, hier soir, j'ai eu le plaisir d'être aux côtés de J pour notre 41ème nuit commune. Hum... Il est désormais grand temps que je me trouve un appartement.
27.8.06
jomini
" En général on peut poser le principe, que la meilleure direction d'une "ligne-manoeuvre" sera sur le centre de l'ennemi, si celui-ci commet la faute de diviser ses forces sur un front trop étendu ; mais que, dans toute autre hypothèse, lorsqu'on sera maître de son choix, on devra donner cette direction sur l'une des extrémités, et de là sur les derrières de la ligne de défense et du front d'opérations de l'ennemi. L'avantage de cette direction ne provient pas seulement de ce qu'en attaquant une extrémité l'on n'a à combattre qu'une partie de l'armée ennemie ; il en dérive un plus grand encore de ce que sa ligne de défense est menacée d'être prise à revers."
26.8.06
22.8.06
rentrée

Bon, ca y est. C'est reparti. L'été touche à sa fin. La trêve est terminée : les affaires reprennent. Le cycle recommence. Excel revient - il me faut trouver des euros un peu pour tout. Pour écrire des films. Pour continuer à tourner des films. Pour terminer des films. Mais aussi pour louer un appartement (sept mois de vagabondage ça suffit) et pour me faire faire un joli document officiel rouge avec une croix blanche (cinq ans sans papiers c'est limite)...
Bref, encore quelques mois à tenir : les merveilles sont à portée de main ; je les ai entrevues ces derniers jours...
(please) lose yourself in me sur mon ordinateur - en sourdine.
Bref, encore quelques mois à tenir : les merveilles sont à portée de main ; je les ai entrevues ces derniers jours...
(please) lose yourself in me sur mon ordinateur - en sourdine.
15.8.06
in progress 2

Je ne sais pas très bien ce que je vais faire avec ce film... Je ne sais même plus si j'ai réellement envie de le terminer un jour. J'entends par là, l'achever de façon concrète et définitive. La question que je me pose, ou plutôt le choix que je dois faire, c'est soit garder le film tel qu'il est aujourd'hui, c'est-à-dire en parfaite adéquation avec son tournage, ou alors oublier ce dernier, le dynamiter, le transformer en une chose qui serait un film que je pourrai aujourd'hui accepter et signer mais qui serait alors aussi résolument contre le tournage.
gracian (suite)
"Les tropes et les figures rhétoriques sont la matière et comme le fondement qui permet que, sur eux, l'acuité édifie ses agréments. Ce qui, pour la rhétorique, n'est que formalité devient, dans notre art, matière sur laquelle il jette l'émail de son artifice. Certains estiment qu'une exagération toute sèche ne peut être mise au rang de figure de l'esprit : elle n'est, au plus, selon eux, qu'une hyperbole rhétorique sans le piquant de l'acuité vive et véritable, comme celle-ci, du roi de l'épigramme, Martial en un mot. Ce poète parla fort à propos lorsque, dans un cirque, un tigre attaqua un lion et le mit en morceaux. Il fit remarquer que, ce que ce tigre n'osait dans le désert, il l'éxécutait dès lors qu'il était entre les hommes dont il avait appris la férocité. Cette exagération avait un fondement et un prétexte dans cette curieuse contingence. Quelque circonstance particulière qui soit le motif et le prétexte de l'exagération est donc indispensable pour qu'elle ne soit pas gratuite mais pertinente. Ce qui est donner une âme à la beauté de la figure."
14.8.06
holidays in the sun

Bordeaux fut douce, tendre et reposante. Malgré le poids parfois quelque peu étouffant des années passées, ce "premier voyage" m'apporta ce que j'attendais et espérais depuis déjà fort longtemps.
Locarno fut trop courte (et les films - dans leur majorité - décevants) mais offra cependant la respiration attendue. Et c'est désormais une certitude : j'aime vivre dans les hôtels.
Depuis deux jours, retour en France, dans un Paris déserté donc, au bureau rue Bisson (déserté lui aussi malgré les tournages en cours), sous la pluie et dans le froid.
Mon sentiment n'a pas changé : fiévreuse comme frigorifiée, la France est vraiment un pays de merde. La France est un pays à dynamiter - très vite.
Locarno fut trop courte (et les films - dans leur majorité - décevants) mais offra cependant la respiration attendue. Et c'est désormais une certitude : j'aime vivre dans les hôtels.
Depuis deux jours, retour en France, dans un Paris déserté donc, au bureau rue Bisson (déserté lui aussi malgré les tournages en cours), sous la pluie et dans le froid.
Mon sentiment n'a pas changé : fiévreuse comme frigorifiée, la France est vraiment un pays de merde. La France est un pays à dynamiter - très vite.
3.8.06
1.8.06
30.7.06
27.7.06
26.7.06
chut



La France dort. Ne la réveillez surtout pas : il fait bien trop chaud. Branchez la climatisation. Ecoutez son ronronnement et dormez vous aussi... La France est un pays de crevures. La France est un pays véritablement ignoble. Voilà, ce que je me dis en cette fin juillet 2006 tandis que l'orage gronde, que les éclairs commencent à zébrer le ciel de Paris. La France a bien vite oublié son ban, ses chers J.V., et quels inévitables retours de flamme en attendre dans le plus proche avenir. Normal, la roue du temps tourne. Aujourd'hui, novembre 2005 est loin et c'est désormais le temps des festivals, de la catharsis bon marché. La belle époque du grand divertissement kulturel pour tous. Les raclures de bidets s'empiffrent sous les ventilateurs et se bronzent en espérant des jours meilleurs. Ils ne savent pas ce qui les attend...
21.7.06
18.7.06
17.7.06
12.7.06
acronymes

Sous la canicule parisienne, le tournage de HQM est en train de se terminer (la désintégration maintes fois annoncée n'aura finalement pas eu lieu, mais l'exercice reste extrêmement périlleux), FDJ vient tout juste d'être mixé, LGE sera bientôt en montage, NEG continue - encore et toujours - à l'être, 3PM se prépare, lentement, pour le printemps prochain, LPS, un jour ou l'autre, sera terminé (ou en tout cas, je commence à envisager de me poser la question de sa finition future), le scénario de AVP en sera bientôt à sa 56ème version, celui de DJB avance doucement au rythme de son auteur, NUC et ZIM sont en "stand-by" (ou en "stalling", c'est au choix), les premiers mots de JSM ont été couchés... Et là, ce soir, dans la chaleur, au bureau, attendant la douloureuse que me prépare TJ avant de partir sur le plateau de HQM, tandis que ZZ nous fait son discours présidentiel du 14 juillet avec un peu d'avance, je me dis que tous ces acronymes, ça fait beaucoup de films, d'énergie, de nuits blanches, d'angoisse, d'espoir et d'attente mais qu'en même temps, sans ces choses étranges que je résume en trois lettres, je ne tiendrai pas. Jamais je ne regretterai d'avoir fait en sorte avec SDF et GJ que CRP devienne ce qu'il est aujourd'hui.
Et enfin, là encore, maintenant, je me rends compte qu'au milieu de tout ce tumulte, le baiser attendu est arrivé - comme un ravissement.
Et enfin, là encore, maintenant, je me rends compte qu'au milieu de tout ce tumulte, le baiser attendu est arrivé - comme un ravissement.
6.7.06
soir (suite)

En ce début de mois de juillet 2006, l'écoulement du temps se fait plus vif - les nuits ne se finissent pas toujours avec le lever du soleil et je sais (ou plutôt j'accepte enfin...) qu'à la moitié du chemin de ma vie, j'ai définitivement perdu ma jeunesse mais aussi - déjà - la plus grande part de mes vieux jours.
Là, à presque 22 heures, le temps est suspendu : un rayon rose vénitien enveloppe Paris.
Une lumière de fin du monde.
Très belle et terrible.
Et maintenant des éclairs.
L'orage gronde.
Là, à presque 22 heures, le temps est suspendu : un rayon rose vénitien enveloppe Paris.
Une lumière de fin du monde.
Très belle et terrible.
Et maintenant des éclairs.
L'orage gronde.
3.7.06
30.6.06
veillée d'armes

L'été est enfin là ; c'est désormais certain, le mois de juillet est proche. Tous les signes sont réunis : le Tour de France se prépare, la chaleur accable Paris, l'équipe de France de football va affronter demain celle du Brésil, certains commencent à partir en vacances, les jeunes femmes sont belles et les tournages s'enchaînent avec une fulgurance qui ne cesse de me stupéfier.
Pour l'instant (je le redis bien : pour l'instant) ça passe.
Le château tient le coup - il le faut.
Demain, je ne sais pas. Les combats continuent à être menés mais la victoire reste encore incertaine et lointaine. Et là, quelque peu border-line devant mon objet transitionnel préféré - Road to Nowhere en sourdine, seul au bureau rue Bisson avec T et mon ventilateur, le cerveau peu à peu grignoté par les tableurs excel et leurs cellules affolantes, je me dis que ça fait déjà bien longtemps (trop longtemps ?) que j'ai abandonné toute possibilité de certitude. Je me dis aussi que c'est très fatiguant de vivre ainsi. Je me dis enfin (et c'est le plus important) que si c'était à refaire, je ne changerai rien - jamais.
Et là, maintenant, un peu plus fort, très fort même : Nothing's Impossible.
Pour l'instant (je le redis bien : pour l'instant) ça passe.
Le château tient le coup - il le faut.
Demain, je ne sais pas. Les combats continuent à être menés mais la victoire reste encore incertaine et lointaine. Et là, quelque peu border-line devant mon objet transitionnel préféré - Road to Nowhere en sourdine, seul au bureau rue Bisson avec T et mon ventilateur, le cerveau peu à peu grignoté par les tableurs excel et leurs cellules affolantes, je me dis que ça fait déjà bien longtemps (trop longtemps ?) que j'ai abandonné toute possibilité de certitude. Je me dis aussi que c'est très fatiguant de vivre ainsi. Je me dis enfin (et c'est le plus important) que si c'était à refaire, je ne changerai rien - jamais.
Et là, maintenant, un peu plus fort, très fort même : Nothing's Impossible.
28.6.06
extrait
"Buzz déposa doucement le combiné, retourna dans la chambre et s'habilla. Audrey était toujours dans la même position, la tête enfouie dans l'oreiller, impossible de voir son visage.
- Y'en avait qu'une et c'était toi, dit Buzz avant d'éteindre la lumière.
Il agrippa son sac à vêtements en chemin et sortit sans verrouiller la porte.
(...)
Lorsque le bruit s'éteignit, il gravissait les contreforts des collines, et Los Angeles n'était plus qu'un gribouillis de néon dans son rétroviseur. Il palpa son avenir à côté de lui sur le siège : canon scié, héroïne, cent cinquante bâtons. La sensation ne collait pas, alors il se mit la radio et se trouva une station de hilbilly. La musique était trop douce et trop triste, comme une plainte pour revenir au bon vieux temps des choses faciles. Il écouta malgré tout. Les chansons lui firent penser à lui-même...- Y'en avait qu'une et c'était toi, dit Buzz avant d'éteindre la lumière.
Il agrippa son sac à vêtements en chemin et sortit sans verrouiller la porte.
(...)
(...) "
26.6.06
mireille

Aujourd'hui, sur le tournage de hqm, j'ai passé un long moment à discuter avec elle et une autre personne qui avait joué dans le film dont est tirée cette photo. Nous avons parlé de LC bien sûr, du cinéma (de l'envie terrible et tenace qu'il faut avoir pour continuer à faire du cinéma aujourd'hui) et du temps qui s'écoule, passe et n'attend pas. A cette terrasse de café, entouré d'autres membres de l'équipe, rue de la Fidélité, à Paris, je me suis retenu de faire des photographies, je me suis dit qu'il fallait parfois rester au pays des merveilles et des rêves d'enfants.
24.6.06
22.6.06
1986

Le 21 juin de cette année, Michel Platini loupait son penalty mais l'équipe de France battait quand même celle du Brésil.
Cette nuit là, dans les rues bordelaises, la fête fut à son apogée - une vraie merveille faite de "l'étoffe dont on tisse les rêves", LC allait bientôt sortir son second film, l'été s'annoncait comme une belle aventure, j'avais quinze ans - in between days : je découvrais les jeunes femmes et l'alcool.
Aujourd'hui, mes souvenirs sont d'une terrible clarté.
Aujourd'hui, je me rends compte que c'était il y a vingt ans.
Cette nuit là, dans les rues bordelaises, la fête fut à son apogée - une vraie merveille faite de "l'étoffe dont on tisse les rêves", LC allait bientôt sortir son second film, l'été s'annoncait comme une belle aventure, j'avais quinze ans - in between days : je découvrais les jeunes femmes et l'alcool.
Aujourd'hui, mes souvenirs sont d'une terrible clarté.
Aujourd'hui, je me rends compte que c'était il y a vingt ans.
20.6.06
imitation of life

Cette sensation, maintenant, persistante tandis que la musique est encore forte et que les personnes présentes commencent à être grisées, celle qu'au fil des jours les merveilles et les buts désirés s'éloignent, que les films rêvés se détraquent, se rayent ou s'enrayent - toujours.
Hum...
Oui. C'est un soir triste.
Hum...
Oui. C'est un soir triste.
19.6.06
16.6.06
14.6.06
12.6.06
soir

Là, au bureau, rue Bisson, 23 heures et quelques minutes, à Paris, quand il fait chaud, que la musique est forte, que sous l'effet de l'alcool et des épaisses fumées les langues se délient, que les 10 personnes présentes m'apparaissent cent, et que je suis encore devant mon ordinateur dans ce joyeux bordel, et bien en fait je me sens bien.
Je me sens même très bien - enfin insouciant.
Je me sens même très bien - enfin insouciant.
11.6.06
extrait
"Tout ce qui me reste, c'est la volonté de me souvenir. temps aboli, rêves de fièvre - je m'éveille dans un sentiment d'attente, j'ai peur d'oublier. La femme reste toujours jeune, et c'est aux photographies qu'elle le doit.
(...)
Je suis vieux, j'ai peur d'oublier :
J'ai tué des innocents.
J'ai trahi des serments sacrés.
J'ai moissonné l'horreur pour en tirer profit.
Fièvre - brûlante maintenant. Je veux m'en aller, suivre la musique - me laisser prendre à son tourbillon, sombrer avec elle."
(...)
Je suis vieux, j'ai peur d'oublier :
J'ai tué des innocents.
J'ai trahi des serments sacrés.
J'ai moissonné l'horreur pour en tirer profit.
Fièvre - brûlante maintenant. Je veux m'en aller, suivre la musique - me laisser prendre à son tourbillon, sombrer avec elle."
9.6.06
6.6.06
4.6.06
sport

Tandis que l'équipe de france de football se prépare à se prendre une belle déculottée au mondial allemand, que des joueuses et des joueurs de tennis s'expliquent avec une grande beauté sur les courts de terre battue de Rolland Garros, que le long-métrage - hqm - continue à se tourner, qu'un autre film - lge- un court cette fois-ci, va commencer dans une semaine, je me dis que je souhaiterais pouvoir passer un temps assez long à regarder le sport à la télévision. A part le cinéma, je ne connais rien d'aussi beau que le sport à la télévision - c'est d'ailleurs la seule chose (le sport filmé) que cette dernière ait réellement inventé.
Ces matchs de football, de tennis, ils font partie de mes films préférés, et chéris. Mac Enroe contre Lendl en 1984 c'est du John Ford. France-Allemagne à Séville, en 1982, c'est du Douglas Sirk. France-Brésil en 1986 c'est du Hawks.
Ces "films" en direct, ils sont mille fois meilleurs que ceux que les raclures de bidets présentent dans les festivals kulturels.
Hum...
Je me pose donc cette question (et ce n'est pas la première fois que je me la pose) : et si, plutôt que de faire du cinéma, j'avais choisi d'être journaliste sportif ?
Mouais...
Ces matchs de football, de tennis, ils font partie de mes films préférés, et chéris. Mac Enroe contre Lendl en 1984 c'est du John Ford. France-Allemagne à Séville, en 1982, c'est du Douglas Sirk. France-Brésil en 1986 c'est du Hawks.
Ces "films" en direct, ils sont mille fois meilleurs que ceux que les raclures de bidets présentent dans les festivals kulturels.
Hum...
Je me pose donc cette question (et ce n'est pas la première fois que je me la pose) : et si, plutôt que de faire du cinéma, j'avais choisi d'être journaliste sportif ?
Mouais...
31.5.06
30.5.06
hqm

Bon... Voilà... J'y suis. Depuis hier, quelques jours après la supposée moitié de ma vie, c'est parti. Après trois ans de développement/financement, huit semaines de préparation officielle, des jours et des jours d'emmerdes diverses (et ce n'est pas prêt d'être terminé), les premiers plans viennent d'être tournés. Je peux résumer rapidement le tout par des chiffres (toujours les chiffres, hum...) : 41 jours. 24 comédiens. 21 silhouettes. 302 figurants. 30 techniciens au départ puis un peu moins au bout de quelques semaines...
Et pas assez d'euros - pour changer.
Et alors ?
Et bien... Il faut que ça tienne !
Et pas assez d'euros - pour changer.
Et alors ?
Et bien... Il faut que ça tienne !
26.5.06
24.5.06
calme

Bon... Hum... Mouais... De retour, donc, du grand marché kulturel... L'affolement (la presque crise de panique) qui m'a peu à peu gagné durant les semaines précédentes est maintenant passé. Paradoxalement, c'est l'agitation cannoise - mon exlusion réelle de cette agitation - qui m'a permis de prendre de la distance, qui m'a remis à la place qui est la mienne dans la hiérarchie subtile de la profession, c'est-à-dire tout en bas, à côté du balai à chiottes. J'avais oublié un facteur important dans le bunker de mon bureau, halluciné devant mon ordinateur (je le redis, les tableurs excel rendent fous) : ne pas appliquer à un système des pratiques que ce dernier ne saurait recevoir, voire même tolérer. Une stratégie ne peut se déployer qu'à partir du moment où les phases tactiques fonctionnent. Mes histoires de "cibles" et de "commando" ne correspondent pas à la réalité du milieu. Donc, pas de miracles là-bas, juste des promesses de futures discussions... Maintenant, il ne faut pas s'affoler. Il faut prendre les problèmes les uns après les autres. Il faut tenir ; sur le fil du rasoir, certes, mais sans exploser, sans paniquer. Le mouvement est lancé. A moi de faire en sorte de ne pas être débordé. Je dois rester calme.
18.5.06
maintenant

Un jour, je pense que c'était il y a très longtemps, adolescent, peut-être enfant même, j'ai entendu ou lu cette phrase : "à l'impossible, nul n'est tenu". Je l'ai aimée d'emblée cette phrase (je l'ai aimée car je n'étais pas d'accord, je l'ai aimée car elle portait en elle une chose qui m'apparaissait comme intime). Bref, ce fut assez fulgurant. Je me suis tout de suite dit que moi, je souhaiterais y être tenu à l'impossible - et pour toute la vie, afin d'accomplir des merveilles.
Hum...
Et bien, aujourd'hui, un peu esseulé devant mon ordinateur à Paris, avant de partir pour le grand évènement/salon professionnel du cinéma kulturel français et d'ailleurs pour vendre (solder) un film aux plus offrants afin de pouvoir le faire (le sauver), tenu donc de toutes parts par l'impossible, je me dis que ce putain d'impossible, je m'en passerais bien.
Hum...
Et bien, aujourd'hui, un peu esseulé devant mon ordinateur à Paris, avant de partir pour le grand évènement/salon professionnel du cinéma kulturel français et d'ailleurs pour vendre (solder) un film aux plus offrants afin de pouvoir le faire (le sauver), tenu donc de toutes parts par l'impossible, je me dis que ce putain d'impossible, je m'en passerais bien.
16.5.06
14.5.06
cannes

Le festival, cette année, si j'y vais, ce ne sera pas comme avant, la fleur au fusil. Bien au contraire, il s'agira cette fois-ci d'être un enragé avec des objectifs précis et des cibles prédéterminées à atteindre - absolument. Une opération commando, en fait, où je serai comme d'habitude condamné à trouver le maximum d'euros en un minimum de temps. Sûrement le premier festival où je ne verrai pas de films. Bienvenu dans le marché du jeune cinéma français kulturel !
baiser

Aujourd'hui, je me suis réveillé avec cette sensation - le manque d'un être cher (la nécessité d'avoir un être cher), l'envie d'un baiser, d'un vrai baiser, d'un baiser comme dans les films de mon enfance, d'un baiser dans lequel je pourrai me fondre tout entier. Je sais que je l'attends ce baiser, mais je ne sais pas quand il viendra et même pas de qui il viendra. Je sais que, désormais, j'en ai besoin - vraiment, alors qu'auparavant le temps pouvait s'écouler sans que ce dernier advienne et sans que ça me pose le moindre souci.
11.5.06
9.5.06
clausewitz
"La guerre est une simple continuation de la politique par d'autres moyens. Nous voyons donc que la guerre n'est pas un simple acte politique mais un véritable instrument politique, une poursuite de l'activité politique, l'exercice de celle-ci par d'autres moyens. Ce qui reste propre à la guerre, c'est le caractère tout à fait particulier de ses moyens. L'art de la guerre en général et le chef de guerre dans chaque cas précis peut exiger que les tendances et les intentions de la politique ne soient pas incompatibles avec ces moyens. Ce n'est assurément pas une mince exigence ; mais autant elle, dans certains cas, influencer les intentions politiques, autant elle ne peut faire autre chose que les modifier. car l'intention politique est la fin et la guerre le moyen, et l'on ne peut concevoir le moyen indépendamment de la fin."
4.5.06
possibles

Là, ce soir, à 22H57, au bureau - comme d'habitude, après de nouveaux et interminables sauts périlleux sans filet, je me dis (en fait, je sais) que les films (certains films) seront toujours là pour moi, quelles que soient les circonstances : ceux que j'ai aimés, ceux que je produis, ceux qui ne sont pas encore là et restent encore à inventer, ceux qui désormais pourront advenir et être riche de possibles.
3.5.06
banque

Haute voltige permanente, quotidienne et périlleuse, premières vérifications virtuelles du matin, et ce, depuis bien longtemps : l'interface ultime et concrète de tous les putains de tableurs excels qui peuplent mes journées. Le réel, ici encore plus qu'ailleurs, se construit autour d'un vocabulaire vernaculaire dont je ne finis pas de découvrir les subtilités : créances "en germe" ou "encours" ou encore "mobilisées", ligne dailly, compte de nantissement, lettres de change, etc. Des mots complexes qui s'associent avec d'autres bien plus imagés: cavalerie, jonglage, ligne rouge, etc.
Et sinon ?
Hum...
Et bien aujourd'hui, ça passe.
Et sinon ?
Hum...
Et bien aujourd'hui, ça passe.
30.4.06
28.4.06
26.4.06
sisyphe

Précisons bien les choses pour commencer : je ne m'appelle pas N.K. et donc, je ne me plains pas, je ne geins pas, je ne suis pas un socio-kulturel - surtout pas. J'ai choisi avec amour de faire ce que je fais. Je suis même heureux de le faire. Si les films que je produis sont complexes à financer ce n'est pas la faute de telle ou telle commission et encore moins de telle ou telle chaîne de télévision : je ne suis pas naïf. Le marché existe et je ne vois pas pourquoi le cinéma, par je ne sais quel artifice, en serait exclu, même auréolé de sa légitimité kulturelle... Mais, ce soir, au bureau, dans le XXème à Paris, tandis que pour l'instant le Barça et le Milan AC se neutralisent, même avec la grande passion qui m'anime, j'ai la très désagréable sensation de recommencer tous les jours et tous les soirs exactement les mêmes choses, et ce, maintenant depuis des années : toujours une multitude d'euros à trouver pour avant avant avant hier, toujours les mêmes emmerdes, toujours des lapins de toutes les couleurs à sortir d'un chapeau magique dont j'ai oublié le maniement, toujours d'improbables formules excel à inventer, toujours les mêmes dossiers, toujours les mêmes structures - La même Structure.
24.4.06
excel

En ce moment, à quelques exceptions près, ma vie - mon monde - se résume à un immense tableur excel. Toutes les cellules sont liées et bien encadrées mais les formules ne fonctionnent pas comme il le faudrait. Les calculs se font mais les résultats ne sont pas bons. Ils sont justes certes, mais ils ne me conviennent pas. Dans les cellules, en plus des chiffres, j'inscris parfois des mots savants et saugrenus, cofijenesaisquoi par là, sofiturêvesouquoi à un autre endroit, ou encore mgtutefaisniquer, etc. Toutes ces additions n'ont pas de trop sens. Pourtant il est écrit que les chiffres disent toujours la vérité. Je n'aime pas cette vérité. Elle ne cesse de me rappeler que encore et toujours, je dois continuer à trouver des euros.
21.4.06
19.4.06
17.4.06
sens

Quand dans mon premier post - "pour commencer"- je disais qu'il allait falloir que les médiatiques redéfinissent le véritable terme "affrontement", j'entendais par là que nous assistions aux simples premiers soubresauts d'un combat qui s'annonçait plus global et plus violent. Nous avons vu les jeunes gars des cités aller hardiment au-devant des crs, de façon sporadique, dans le cadre de manifestations. Bientôt, cet affontement sera quotidien et sera mené de front - dans la zone de bataille, pas dans la Grande Ville, mais en banlieue, sur le territoire de "l'ennemi". Et pour bien définir un affrontement, il faut parfaitement connaître les forces en présence...
Merci à mon vieil ami M. de m'avoir envoyé cette définition du Robert :
Merci à mon vieil ami M. de m'avoir envoyé cette définition du Robert :
affronter [afYTte] v. tr.
• déb. XIIIe; autre sens 1160; de front
1¨ Aller hardiment au-devant de (un adversaire, un danger). Þ braver, s'exposer (cf. Faire face, faire front à). Affronter l'ennemi. Affronter courageusement ses adversaires. Affronter un problème, un risque, des difficultés. Affronter les intempéries. « La croyance qu'on pourra revenir vivant du combat aide à affronter la mort » (Proust).
à Pronom. Se heurter dans un combat. « Voilà que s'affrontent deux puissances » (Barrès).
Fig. « Deux thèses s'affrontaient » (Martin du Gard).
15.4.06
décombres

Mouais... Je travaille dans/avec/pour le cinéma français. De façon plus précise, je travaille dans/avec/pour un cinéma qui n' a pas trop de valeur commerciale, qui se nourrit jusqu'à la crise de foie de la nouvelle industrie culturelle - celle des commissions d'experts (du CNC, de l'Europe, des régions et tutti quanti), celle de la subvention attendue, celle des festivals et des séances spéciales. Un cinéma qui génére ses propres codes et un immense corporatisme - spécialistes de bazar, "lecteurs" professionnels, sélectionneurs d'opérette, réalisateurs de pacotille, geignards en pagaille (champion toutes catégories confondues : Monsieur N.K.), falsificateurs de tout poil, scénaristes bureaucrates. Les nullards non seulement sont légion mais encore - et surtout - ils font autorité. Ils ont oublié qu'ils étaient insignifiants, qu'ils ne feraient jamais autre chose que d'être insignifiants. Ils font des films (ou les produisent, ou les sélectionnent, ou participent à ces films) pour amuser la galerie, pour alimenter le jeu, pour simplement continuer à faire partie de ce petit monde, pour avoir un article dans libération, les cahiers du cinéma ou encore les inrockuptibles... Mouais...
14.4.06
gracian
"Au reste, le politique établit ici un axiome très judicieux, savoir que se laisser pénétrer par autrui, et céder le droit d'en être absolument gouverné, c'est à peu près la même chose. Cette pénétration, bien mise en oeuvre, est une voie presque sûre pour changer en quelque sorte la face des conditions dans le monde ; pour qu'un supérieur, quel qu'il soit, n'en ait plus que le fantôme et le nom, et que l'inférieur se substitue à toute l'autorité. Mais si l'homme qui en a compris un autre est en état de le dominer, l'homme aussi que personne ne peut approfondir reste toujours comme dans une région inaccessible à la dépendance."
12.4.06
combat

En ce début de soirée, au bureau comme d'habitude, à Paris 20ème, fatigué, débordé, épuisé, stressé, laminé, au pied du mur, presque KO debout, je me dis qu'en fait, je suis encore et toujours prêt à me battre jusqu'au bout pour faire en sorte que les choses que j'entreprends adviennent un jour - et si possible dans pas trop longtemps. Malgré toutes les déceptions, toutes les emmerdes, toutes les embûches, tous les imbéciles et les raclures de bidets à qui j'ai affaire quotidiennement, voilà, c'est sûr, c'est vraiment sûr, qu'on se le dise clairement : jamais je n'abandonnerai.
10.4.06
victoire

Bon, ça y est, les pauvres petits étudiants ont eu la peau du méchant CPE. Donc, maintenant, ils sont contents et vont pouvoir retourner en cours, écouter sagement (et assimiler ad vitam eternam) tout ce que leurs honorables professeurs raconteront, avoir de jolis diplômes et souscrire des emprunts auprès de Cofinoga, Cofidis et consorts pour acheter des maisons quand ils auront enfin trouvé un emploi stable et sécurisé.
9.4.06
dates

De retour de Bordeaux après un week-end bien trop rapide, je me rends compte que - finalement - cette ville bourgeoise dans laquelle j'ai grandi, j'y ai commis beaucoup de choses irréparables. Quand j'y reviens, j'ai toujours l'impression de porter plus lourdement le fardeau des années passées. J'ai besoin d'une chronologie, juste pour me souvenir, mais pas trop longtemps - vite.
1986 : j'ai 15 ans. Je manifeste dans les rues avec plein d'étudiants et lycéens. Je décide de changer le monde.
1988 : je réalise mon premier film en 16mm et en noir et blanc, "la lumière". Je suis amoureux de l'actrice.
1989 : second film, "petite conscience", encore amoureux de l'actrice (c'est la même que dans le premier). Je commence à ne plus trop comprendre où va le monde. Je pars vivre à Paris
1991 : troisième film, "arthur et clara" (mon dernier film terminé à ce jour), je suis encore et toujours amoureux de l'actrice. Je ne sais plus comment je vais pouvoir changer le monde. Je me dis que je trouverai plus tard.
été 1993 : je crée un festival, à la campagne, dans les ruines d'un château. Plutôt que de changer le monde, je décide d'en créer un nouveau à la frontière des landes et de la gironde. C'est un merveilleux et joyeux bordel. L'actrice des premiers film n'est plus là... J'ai quitté Paris, je vis de nouveau à Bordeaux. Puis à la fin de l'été, je repars à Paris.
été 1995 : pendant le festival, je fais mes adieux au cinéma avec une performance/film intitulée "quelques pas avant le naufrage". A la fin de cette dernière, je brûle les éléments originaux. Les flammes de la pellicule et de la bande son sont très belles. Pendant ce festival aussi, l'actrice est revenue, puis repartie ; je rencontre une nouvelle femme. Je quitte à nouveau Paris. Je décide de vivre sur place, dans un village nommé Préchac.
été 1996 : je me marie. La vraie vie a désormais remplacé la fiction, ou alors, je construis ma vie comme une fiction.
été 1997 : le festival m'emmerde. En quatre ans, de joyeux bordel il s'est transformé en évènement culturel. Je sais que je n'ai pas réussi à changer ce petit coin des landes girondines. Je ne ferai pas de sixième édition.
été 1998 : je quitte définitivement Bordeaux et sa région.
décembre 2002 : j'y reviens rapidement pour quelques semaines. Je me fais interner à l'HP et je cesse de boire.
1986 : j'ai 15 ans. Je manifeste dans les rues avec plein d'étudiants et lycéens. Je décide de changer le monde.
1988 : je réalise mon premier film en 16mm et en noir et blanc, "la lumière". Je suis amoureux de l'actrice.
1989 : second film, "petite conscience", encore amoureux de l'actrice (c'est la même que dans le premier). Je commence à ne plus trop comprendre où va le monde. Je pars vivre à Paris
1991 : troisième film, "arthur et clara" (mon dernier film terminé à ce jour), je suis encore et toujours amoureux de l'actrice. Je ne sais plus comment je vais pouvoir changer le monde. Je me dis que je trouverai plus tard.
été 1993 : je crée un festival, à la campagne, dans les ruines d'un château. Plutôt que de changer le monde, je décide d'en créer un nouveau à la frontière des landes et de la gironde. C'est un merveilleux et joyeux bordel. L'actrice des premiers film n'est plus là... J'ai quitté Paris, je vis de nouveau à Bordeaux. Puis à la fin de l'été, je repars à Paris.
été 1995 : pendant le festival, je fais mes adieux au cinéma avec une performance/film intitulée "quelques pas avant le naufrage". A la fin de cette dernière, je brûle les éléments originaux. Les flammes de la pellicule et de la bande son sont très belles. Pendant ce festival aussi, l'actrice est revenue, puis repartie ; je rencontre une nouvelle femme. Je quitte à nouveau Paris. Je décide de vivre sur place, dans un village nommé Préchac.
été 1996 : je me marie. La vraie vie a désormais remplacé la fiction, ou alors, je construis ma vie comme une fiction.
été 1997 : le festival m'emmerde. En quatre ans, de joyeux bordel il s'est transformé en évènement culturel. Je sais que je n'ai pas réussi à changer ce petit coin des landes girondines. Je ne ferai pas de sixième édition.
été 1998 : je quitte définitivement Bordeaux et sa région.
décembre 2002 : j'y reviens rapidement pour quelques semaines. Je me fais interner à l'HP et je cesse de boire.
7.4.06
effroi

Devant l'ordinateur, au bureau, ici, à Paris 20ème, quand je regarde l'ensemble des choses à réaliser pour que tout "tienne" demain et dans un futur proche. Le temps n'attend pas - jamais, et surtout pas en ce moment. La survie est devenue un mode de vie à part entière. Il ne s'agit pas de construire, d'imaginer de complexes plans de bataille mais simplement de ne pas exploser.
Là, une urgence.
Ici, une priorité.
Là encore, un très, mais vraiment très grand retard.
Bref, dans des circonstances éternelles et permanentes proche du grand naufrage...
6.4.06
1.4.06
producteur


Trouver de l'argent, c'est à ça que je passe les neuf dixièmes de mon temps. Trouver de l'argent pour faire des films, trouver de l'argent pour survivre. Je me demande parfois pourquoi tout l'argent que je trouve ne sert qu'à faire des films et pas à porter atteinte au bel ordre du monde... Avec un million d'euros, c'est très difficile de faire un long-métrage. Avec un million d'euros pourtant, plein d'autres choses seraient possibles.
extrait
"... je vais retrouver Glenda et je lui dirai :
Dis-moi n'importe quoi.
Dis-moi tout.
Abolis tout ce temps qui nous a séparés.
Aime-moi ardente au milieu des dangers."
Dis-moi n'importe quoi.
Dis-moi tout.
Abolis tout ce temps qui nous a séparés.
Aime-moi ardente au milieu des dangers."
31.3.06
époque (brouillon)

J'ai toujours été très fortement sensible au passage du temps, à l'écoulement du temps. Et pourtant, je n'ai jamais compris comment on pouvait arriver à définir de façon concrète une époque, comment cette dernière devait être caractérisée. J'en ai vécu plusieurs, époques/décennies. J'en ai le souvenir. C'est-à-dire que je me souviens des soubresauts, des espoirs, des combats menés, et des femmes - aussi, et des résultats sportifs - encore. Mais je me dis, qu'est-ce-qu'il en reste ? Aujourd'hui, là, tout de suite, maintenant, qu'est-ce-qu'il en reste du temps passé. Et d'aujourd'hui, dans dix ans, qu'est-ce-qu'il restera ? Se souviendra t'on plus des "évènements" de novembre 2005 ou de ceux de mars 2006 ?
A propos de cette dernière question, le simple fait de la poser y répond en partie... Les débiles se souviendront du "grand combat des jeunes contre le cpe", de ses répercussions dans le monde médiatico-parlementaire français à la veille de nouvelles élections présidentielles. Les spécialistes et faussaires de tout bord livreront de fines analyses sur l'état de la société française. Les politiques se rappeleront la chute de l'un des leurs tout comme l'avènement progressif d'un autre qui sera amené, lui aussi, un jour à tomber. Et finalement, très peu de personnes auront vu les véritables rapports de forces changer.
Parfois, je me demande quel mois nous sommes, quelle année nous sommes. Y aura t'il une différence dans un an, dans dix ans ? Est-ce que celà aura une importance ? Est-ce que je me sentirai autre ? Est-ce que le temps aura justifié son effet sur moi ? Finalement, la seule chose dont je suis certain, c'est que quand l'embrasement aura lieu (et il aura forcément lieu), il y a de grandes chances pour que je ne sois plus là (pour que j'ai tout simplement terminé de vivre mon temps). Cette certitude de l'embrasement, du renversement du bel ordre du monde est le moteur du trois quart des choses que j'entreprends, et en même temps, je ne peux m'empêcher d'éprouver une profonde tristesse quand je me dis que je ne serai pas là.
Ca veut dire que je travaille pour des choses que je ne verrai jamais.
28.3.06
pour commencer
22h30 et des poussières, au bureau, rue Bisson, dans le 20ème à Paris, tandis que les affrontements se poursuivent place de la République et qu'Arsenal vient de mettre deux buts à la Juventus de Turin.
Je me dis que les jeunes gars des cités sont peut-être en train de comprendre que leurs ennemis sont autant les raclures des syndicats que les flics. Personne (?) n'a encore fait le rapprochement entre "service d'ordre" et "forces du maintien de l'ordre", surtout pas les petits étudiants bien sages qui manifestent pour avoir droit à un accès au crédit - pauvres cons.
Flics, syndicats, étudiants, tous unis contre ceux que personne n'a envie de voir, contre ceux qui ne sont même pas nommés (ou alors uniquement dans le langage policier : casseurs, Jeunes Violents, etc.).
Je me dis aussi que le jour où ces gars qui vivent en dehors de la Grande Ville auront réellement compris quelle force (au sens militaire) ils peuvent représenter, les policiers comme les médiatiques ne seront pas très loin de devoir redéfinir ce que veut vraiment dire le terme "affrontement".



















































