10.10.06
7.10.06
movie


C'était il y a un peu plus d'une semaine. Ici, au bureau, rue Bisson. La musique électronique était très forte, les danseurs nombreux. L'ivresse avait gagné la plus grande partie des personnes présentes. L'espace s'était rétréci sous les effets conjugués de la chaleur et de la fumée. Et, dans un coin sombre, le film de LC passait en boucle, en silence, sur mon ordinateur. Aujourd'hui, je ne sais plus trop pourquoi j'ai ressenti le besoin de le voir, ce soir là. Mais ce dont je me souviens, c'est ce sentiment d'évidence : c'était le film qu'il me fallait montrer à certains, c'était le film qu'il me fallait revoir.
4.10.06
29.9.06
28.9.06
25.9.06
21.9.06
prémices

Là, aujourd'hui, en cette fin de ce doux mois de septembre 2006, ça commence : début des agressions ciblées. La pression va monter peu à peu. Incidents par ci, interpellations par là. Le rapport des forces s'installe tandis que la tension s'accentue et que les contradictions ne cessent d'augmenter. La conflagration est proche.
18.9.06
10.9.06
avenir

Un de ces jours, j'aimerais pouvoir me lever avec calme le matin, arriver au bureau, rue Bisson, et savoir de quoi sera faite l'année à venir : comment les prochains mois de ma vie vont s'ordonner, comment les films entrepris vont exister. J'aimerais être un tant soit peu maître de l'écoulement du temps (de mon temps). Mais, voilà, c'est impossible. Les variables sont trop nombreuses, les différentes voies trop obscures. Les stratégies ont fait long feu et les tactiques n'ont jamais eu le temps de se mettre en place. Les certitudes ne sont pas pour demain, ni même pour après-après-demain. Je ne suis même plus sûr qu'elles existeront un jour : désormais, il me faut avancer dans la nuit, sans savoir où je vais.
6.9.06
répétition

Là, depuis quelques jours maintenant, depuis le début de cette semaine pour être plus précis, les rapports avec la banque, la couverture urgente, impérative et nécessaire des chèques émis, la création de nouvelles lignes dailly (la prorogation des autres) sont à nouveau mon principal et quasi unique travail (angoisse ?). Il me faut à nouveau inventer des euros, trouver un merveilleux chapeau et la baguette de magicien qui va avec, tenir le coup, éviter l'explosion - encore et toujours - comme au mois de mai, comme au mois de juin, comme au mois de juillet. Finalement, il n'y aura eu que quelques jours de répit/repos en août...
Hum...
Oui, je le sais, producteur, c'est toujours, au final, une histoire de fric : il faut savoir assumer.
Hum...
Oui, je le sais, producteur, c'est toujours, au final, une histoire de fric : il faut savoir assumer.
1.9.06
in progress 3

Reçu ce jour, en ce premier jour de septembre et en provenance de Haïti, ce mail de SL qui achève de me convaincre en ce qui concerne la fin (du montage) de mon film :
" (...) je ne sais si on peut en faire une vérité générale, mais un montage me semble toujours devoir s'opposer au tournage. Il n'y a aucune fidélité, aucun respect qui tienne face à la matière que l'on pense avoir. Il faut tenter au maximum de la considérer comme une forêt vierge à explorer. Cette matière dicte une cohérence, dicte ses impératifs, mais ils sont souvent bien loin de nos souhaits d'origine, et c'est tant mieux. Cela ne signifie pas pour autant aller dans le sens de la pente des rushes, cela ne signifie pas ne pas aller au-delà des évidences premières que proposent les images (ça me rappelle un vieux débat avec le père Q.). Mais justement, accepter le conflit avec le tournage, c'est aussi accepter de dépasser les premières évidences, pour construire du neuf (...) "
29.8.06
nuitées

Depuis le 3 janvier de cette année, j'ai passé 21 nuits chez JS, 38 chez EM, 61 chez SDF, 35 chez SL, 2 chez ALH et LH et 4 chez EF. Je suis également allé 7 fois à l'hôtel (à Paris, Angers et Locarno) et 3 fois dans un gîte proche d'Orléans. Le 14 avril, pour la seule et unique fois, je me suis réfugié au bureau. Enfin, hier soir, j'ai eu le plaisir d'être aux côtés de J pour notre 41ème nuit commune. Hum... Il est désormais grand temps que je me trouve un appartement.
27.8.06
jomini
" En général on peut poser le principe, que la meilleure direction d'une "ligne-manoeuvre" sera sur le centre de l'ennemi, si celui-ci commet la faute de diviser ses forces sur un front trop étendu ; mais que, dans toute autre hypothèse, lorsqu'on sera maître de son choix, on devra donner cette direction sur l'une des extrémités, et de là sur les derrières de la ligne de défense et du front d'opérations de l'ennemi. L'avantage de cette direction ne provient pas seulement de ce qu'en attaquant une extrémité l'on n'a à combattre qu'une partie de l'armée ennemie ; il en dérive un plus grand encore de ce que sa ligne de défense est menacée d'être prise à revers."
26.8.06
22.8.06
rentrée

Bon, ca y est. C'est reparti. L'été touche à sa fin. La trêve est terminée : les affaires reprennent. Le cycle recommence. Excel revient - il me faut trouver des euros un peu pour tout. Pour écrire des films. Pour continuer à tourner des films. Pour terminer des films. Mais aussi pour louer un appartement (sept mois de vagabondage ça suffit) et pour me faire faire un joli document officiel rouge avec une croix blanche (cinq ans sans papiers c'est limite)...
Bref, encore quelques mois à tenir : les merveilles sont à portée de main ; je les ai entrevues ces derniers jours...
(please) lose yourself in me sur mon ordinateur - en sourdine.
Bref, encore quelques mois à tenir : les merveilles sont à portée de main ; je les ai entrevues ces derniers jours...
(please) lose yourself in me sur mon ordinateur - en sourdine.
15.8.06
in progress 2

Je ne sais pas très bien ce que je vais faire avec ce film... Je ne sais même plus si j'ai réellement envie de le terminer un jour. J'entends par là, l'achever de façon concrète et définitive. La question que je me pose, ou plutôt le choix que je dois faire, c'est soit garder le film tel qu'il est aujourd'hui, c'est-à-dire en parfaite adéquation avec son tournage, ou alors oublier ce dernier, le dynamiter, le transformer en une chose qui serait un film que je pourrai aujourd'hui accepter et signer mais qui serait alors aussi résolument contre le tournage.
gracian (suite)
"Les tropes et les figures rhétoriques sont la matière et comme le fondement qui permet que, sur eux, l'acuité édifie ses agréments. Ce qui, pour la rhétorique, n'est que formalité devient, dans notre art, matière sur laquelle il jette l'émail de son artifice. Certains estiment qu'une exagération toute sèche ne peut être mise au rang de figure de l'esprit : elle n'est, au plus, selon eux, qu'une hyperbole rhétorique sans le piquant de l'acuité vive et véritable, comme celle-ci, du roi de l'épigramme, Martial en un mot. Ce poète parla fort à propos lorsque, dans un cirque, un tigre attaqua un lion et le mit en morceaux. Il fit remarquer que, ce que ce tigre n'osait dans le désert, il l'éxécutait dès lors qu'il était entre les hommes dont il avait appris la férocité. Cette exagération avait un fondement et un prétexte dans cette curieuse contingence. Quelque circonstance particulière qui soit le motif et le prétexte de l'exagération est donc indispensable pour qu'elle ne soit pas gratuite mais pertinente. Ce qui est donner une âme à la beauté de la figure."
14.8.06
holidays in the sun

Bordeaux fut douce, tendre et reposante. Malgré le poids parfois quelque peu étouffant des années passées, ce "premier voyage" m'apporta ce que j'attendais et espérais depuis déjà fort longtemps.
Locarno fut trop courte (et les films - dans leur majorité - décevants) mais offra cependant la respiration attendue. Et c'est désormais une certitude : j'aime vivre dans les hôtels.
Depuis deux jours, retour en France, dans un Paris déserté donc, au bureau rue Bisson (déserté lui aussi malgré les tournages en cours), sous la pluie et dans le froid.
Mon sentiment n'a pas changé : fiévreuse comme frigorifiée, la France est vraiment un pays de merde. La France est un pays à dynamiter - très vite.
Locarno fut trop courte (et les films - dans leur majorité - décevants) mais offra cependant la respiration attendue. Et c'est désormais une certitude : j'aime vivre dans les hôtels.
Depuis deux jours, retour en France, dans un Paris déserté donc, au bureau rue Bisson (déserté lui aussi malgré les tournages en cours), sous la pluie et dans le froid.
Mon sentiment n'a pas changé : fiévreuse comme frigorifiée, la France est vraiment un pays de merde. La France est un pays à dynamiter - très vite.
3.8.06
1.8.06
30.7.06
27.7.06
26.7.06
chut



La France dort. Ne la réveillez surtout pas : il fait bien trop chaud. Branchez la climatisation. Ecoutez son ronronnement et dormez vous aussi... La France est un pays de crevures. La France est un pays véritablement ignoble. Voilà, ce que je me dis en cette fin juillet 2006 tandis que l'orage gronde, que les éclairs commencent à zébrer le ciel de Paris. La France a bien vite oublié son ban, ses chers J.V., et quels inévitables retours de flamme en attendre dans le plus proche avenir. Normal, la roue du temps tourne. Aujourd'hui, novembre 2005 est loin et c'est désormais le temps des festivals, de la catharsis bon marché. La belle époque du grand divertissement kulturel pour tous. Les raclures de bidets s'empiffrent sous les ventilateurs et se bronzent en espérant des jours meilleurs. Ils ne savent pas ce qui les attend...
21.7.06
18.7.06
17.7.06
12.7.06
acronymes

Sous la canicule parisienne, le tournage de HQM est en train de se terminer (la désintégration maintes fois annoncée n'aura finalement pas eu lieu, mais l'exercice reste extrêmement périlleux), FDJ vient tout juste d'être mixé, LGE sera bientôt en montage, NEG continue - encore et toujours - à l'être, 3PM se prépare, lentement, pour le printemps prochain, LPS, un jour ou l'autre, sera terminé (ou en tout cas, je commence à envisager de me poser la question de sa finition future), le scénario de AVP en sera bientôt à sa 56ème version, celui de DJB avance doucement au rythme de son auteur, NUC et ZIM sont en "stand-by" (ou en "stalling", c'est au choix), les premiers mots de JSM ont été couchés... Et là, ce soir, dans la chaleur, au bureau, attendant la douloureuse que me prépare TJ avant de partir sur le plateau de HQM, tandis que ZZ nous fait son discours présidentiel du 14 juillet avec un peu d'avance, je me dis que tous ces acronymes, ça fait beaucoup de films, d'énergie, de nuits blanches, d'angoisse, d'espoir et d'attente mais qu'en même temps, sans ces choses étranges que je résume en trois lettres, je ne tiendrai pas. Jamais je ne regretterai d'avoir fait en sorte avec SDF et GJ que CRP devienne ce qu'il est aujourd'hui.
Et enfin, là encore, maintenant, je me rends compte qu'au milieu de tout ce tumulte, le baiser attendu est arrivé - comme un ravissement.
Et enfin, là encore, maintenant, je me rends compte qu'au milieu de tout ce tumulte, le baiser attendu est arrivé - comme un ravissement.
6.7.06
soir (suite)

En ce début de mois de juillet 2006, l'écoulement du temps se fait plus vif - les nuits ne se finissent pas toujours avec le lever du soleil et je sais (ou plutôt j'accepte enfin...) qu'à la moitié du chemin de ma vie, j'ai définitivement perdu ma jeunesse mais aussi - déjà - la plus grande part de mes vieux jours.
Là, à presque 22 heures, le temps est suspendu : un rayon rose vénitien enveloppe Paris.
Une lumière de fin du monde.
Très belle et terrible.
Et maintenant des éclairs.
L'orage gronde.
Là, à presque 22 heures, le temps est suspendu : un rayon rose vénitien enveloppe Paris.
Une lumière de fin du monde.
Très belle et terrible.
Et maintenant des éclairs.
L'orage gronde.
3.7.06
30.6.06
veillée d'armes

L'été est enfin là ; c'est désormais certain, le mois de juillet est proche. Tous les signes sont réunis : le Tour de France se prépare, la chaleur accable Paris, l'équipe de France de football va affronter demain celle du Brésil, certains commencent à partir en vacances, les jeunes femmes sont belles et les tournages s'enchaînent avec une fulgurance qui ne cesse de me stupéfier.
Pour l'instant (je le redis bien : pour l'instant) ça passe.
Le château tient le coup - il le faut.
Demain, je ne sais pas. Les combats continuent à être menés mais la victoire reste encore incertaine et lointaine. Et là, quelque peu border-line devant mon objet transitionnel préféré - Road to Nowhere en sourdine, seul au bureau rue Bisson avec T et mon ventilateur, le cerveau peu à peu grignoté par les tableurs excel et leurs cellules affolantes, je me dis que ça fait déjà bien longtemps (trop longtemps ?) que j'ai abandonné toute possibilité de certitude. Je me dis aussi que c'est très fatiguant de vivre ainsi. Je me dis enfin (et c'est le plus important) que si c'était à refaire, je ne changerai rien - jamais.
Et là, maintenant, un peu plus fort, très fort même : Nothing's Impossible.
Pour l'instant (je le redis bien : pour l'instant) ça passe.
Le château tient le coup - il le faut.
Demain, je ne sais pas. Les combats continuent à être menés mais la victoire reste encore incertaine et lointaine. Et là, quelque peu border-line devant mon objet transitionnel préféré - Road to Nowhere en sourdine, seul au bureau rue Bisson avec T et mon ventilateur, le cerveau peu à peu grignoté par les tableurs excel et leurs cellules affolantes, je me dis que ça fait déjà bien longtemps (trop longtemps ?) que j'ai abandonné toute possibilité de certitude. Je me dis aussi que c'est très fatiguant de vivre ainsi. Je me dis enfin (et c'est le plus important) que si c'était à refaire, je ne changerai rien - jamais.
Et là, maintenant, un peu plus fort, très fort même : Nothing's Impossible.
28.6.06
extrait
"Buzz déposa doucement le combiné, retourna dans la chambre et s'habilla. Audrey était toujours dans la même position, la tête enfouie dans l'oreiller, impossible de voir son visage.
- Y'en avait qu'une et c'était toi, dit Buzz avant d'éteindre la lumière.
Il agrippa son sac à vêtements en chemin et sortit sans verrouiller la porte.
(...)
Lorsque le bruit s'éteignit, il gravissait les contreforts des collines, et Los Angeles n'était plus qu'un gribouillis de néon dans son rétroviseur. Il palpa son avenir à côté de lui sur le siège : canon scié, héroïne, cent cinquante bâtons. La sensation ne collait pas, alors il se mit la radio et se trouva une station de hilbilly. La musique était trop douce et trop triste, comme une plainte pour revenir au bon vieux temps des choses faciles. Il écouta malgré tout. Les chansons lui firent penser à lui-même...- Y'en avait qu'une et c'était toi, dit Buzz avant d'éteindre la lumière.
Il agrippa son sac à vêtements en chemin et sortit sans verrouiller la porte.
(...)
(...) "
26.6.06
mireille

Aujourd'hui, sur le tournage de hqm, j'ai passé un long moment à discuter avec elle et une autre personne qui avait joué dans le film dont est tirée cette photo. Nous avons parlé de LC bien sûr, du cinéma (de l'envie terrible et tenace qu'il faut avoir pour continuer à faire du cinéma aujourd'hui) et du temps qui s'écoule, passe et n'attend pas. A cette terrasse de café, entouré d'autres membres de l'équipe, rue de la Fidélité, à Paris, je me suis retenu de faire des photographies, je me suis dit qu'il fallait parfois rester au pays des merveilles et des rêves d'enfants.
24.6.06
22.6.06
1986

Le 21 juin de cette année, Michel Platini loupait son penalty mais l'équipe de France battait quand même celle du Brésil.
Cette nuit là, dans les rues bordelaises, la fête fut à son apogée - une vraie merveille faite de "l'étoffe dont on tisse les rêves", LC allait bientôt sortir son second film, l'été s'annoncait comme une belle aventure, j'avais quinze ans - in between days : je découvrais les jeunes femmes et l'alcool.
Aujourd'hui, mes souvenirs sont d'une terrible clarté.
Aujourd'hui, je me rends compte que c'était il y a vingt ans.
Cette nuit là, dans les rues bordelaises, la fête fut à son apogée - une vraie merveille faite de "l'étoffe dont on tisse les rêves", LC allait bientôt sortir son second film, l'été s'annoncait comme une belle aventure, j'avais quinze ans - in between days : je découvrais les jeunes femmes et l'alcool.
Aujourd'hui, mes souvenirs sont d'une terrible clarté.
Aujourd'hui, je me rends compte que c'était il y a vingt ans.
20.6.06
imitation of life

Cette sensation, maintenant, persistante tandis que la musique est encore forte et que les personnes présentes commencent à être grisées, celle qu'au fil des jours les merveilles et les buts désirés s'éloignent, que les films rêvés se détraquent, se rayent ou s'enrayent - toujours.
Hum...
Oui. C'est un soir triste.
Hum...
Oui. C'est un soir triste.































