30.4.06

something must break


Certes, mais quand ? Et comment - surtout ?

28.4.06

énervement


Ce que je souhaite à tous les cofisofimescouilles du monde !

26.4.06

sisyphe


Précisons bien les choses pour commencer : je ne m'appelle pas N.K. et donc, je ne me plains pas, je ne geins pas, je ne suis pas un socio-kulturel - surtout pas. J'ai choisi avec amour de faire ce que je fais. Je suis même heureux de le faire. Si les films que je produis sont complexes à financer ce n'est pas la faute de telle ou telle commission et encore moins de telle ou telle chaîne de télévision : je ne suis pas naïf. Le marché existe et je ne vois pas pourquoi le cinéma, par je ne sais quel artifice, en serait exclu, même auréolé de sa légitimité kulturelle... Mais, ce soir, au bureau, dans le XXème à Paris, tandis que pour l'instant le Barça et le Milan AC se neutralisent, même avec la grande passion qui m'anime, j'ai la très désagréable sensation de recommencer tous les jours et tous les soirs exactement les mêmes choses, et ce, maintenant depuis des années : toujours une multitude d'euros à trouver pour avant avant avant hier, toujours les mêmes emmerdes, toujours des lapins de toutes les couleurs à sortir d'un chapeau magique dont j'ai oublié le maniement, toujours d'improbables formules excel à inventer, toujours les mêmes dossiers, toujours les mêmes structures - La même Structure.

24.4.06

excel


En ce moment, à quelques exceptions près, ma vie - mon monde - se résume à un immense tableur excel. Toutes les cellules sont liées et bien encadrées mais les formules ne fonctionnent pas comme il le faudrait. Les calculs se font mais les résultats ne sont pas bons. Ils sont justes certes, mais ils ne me conviennent pas. Dans les cellules, en plus des chiffres, j'inscris parfois des mots savants et saugrenus, cofijenesaisquoi par là, sofiturêvesouquoi à un autre endroit, ou encore mgtutefaisniquer, etc. Toutes ces additions n'ont pas de trop sens. Pourtant il est écrit que les chiffres disent toujours la vérité. Je n'aime pas cette vérité. Elle ne cesse de me rappeler que encore et toujours, je dois continuer à trouver des euros.

21.4.06

in progress






En ce moment "la petite souris" est en début de montage son. Bientôt, le film sera terminé.

19.4.06

état

Flou / Brouillé

17.4.06

évènement


"Le grand jeu ne se joue qu'une fois" disait l'autre. Faux. L'évènement est arrivé plusieurs fois. Il s'est déjà répété. Il se répètera.

sens


Quand dans mon premier post - "pour commencer"- je disais qu'il allait falloir que les médiatiques redéfinissent le véritable terme "affrontement", j'entendais par là que nous assistions aux simples premiers soubresauts d'un combat qui s'annonçait plus global et plus violent. Nous avons vu les jeunes gars des cités aller hardiment au-devant des crs, de façon sporadique, dans le cadre de manifestations. Bientôt, cet affontement sera quotidien et sera mené de front - dans la zone de bataille, pas dans la Grande Ville, mais en banlieue, sur le territoire de "l'ennemi". Et pour bien définir un affrontement, il faut parfaitement connaître les forces en présence...

Merci à mon vieil ami M. de m'avoir envoyé cette définition du Robert :


affronter [afYTte] v. tr.

• déb. XIIIe; autre sens 1160; de front

1¨ Aller hardiment au-devant de (un adversaire, un danger). Þ braver, s'exposer (cf. Faire face, faire front à). Affronter l'ennemi. Affronter courageusement ses adversaires. Affronter un problème, un risque, des difficultés. Affronter les intempéries. « La croyance qu'on pourra revenir vivant du combat aide à affronter la mort » (Proust).
à
Pronom. Se heurter dans un combat. « Voilà que s'affrontent deux puissances » (Barrès).

Fig. « Deux thèses s'affrontaient » (Martin du Gard).

15.4.06

décombres


Mouais... Je travaille dans/avec/pour le cinéma français. De façon plus précise, je travaille dans/avec/pour un cinéma qui n' a pas trop de valeur commerciale, qui se nourrit jusqu'à la crise de foie de la nouvelle industrie culturelle - celle des commissions d'experts (du CNC, de l'Europe, des régions et tutti quanti), celle de la subvention attendue, celle des festivals et des séances spéciales. Un cinéma qui génére ses propres codes et un immense corporatisme - spécialistes de bazar, "lecteurs" professionnels, sélectionneurs d'opérette, réalisateurs de pacotille, geignards en pagaille (champion toutes catégories confondues : Monsieur N.K.), falsificateurs de tout poil, scénaristes bureaucrates. Les nullards non seulement sont légion mais encore - et surtout - ils font autorité. Ils ont oublié qu'ils étaient insignifiants, qu'ils ne feraient jamais autre chose que d'être insignifiants. Ils font des films (ou les produisent, ou les sélectionnent, ou participent à ces films) pour amuser la galerie, pour alimenter le jeu, pour simplement continuer à faire partie de ce petit monde, pour avoir un article dans libération, les cahiers du cinéma ou encore les inrockuptibles... Mouais...

14.4.06

gracian

"Au reste, le politique établit ici un axiome très judicieux, savoir que se laisser pénétrer par autrui, et céder le droit d'en être absolument gouverné, c'est à peu près la même chose. Cette pénétration, bien mise en oeuvre, est une voie presque sûre pour changer en quelque sorte la face des conditions dans le monde ; pour qu'un supérieur, quel qu'il soit, n'en ait plus que le fantôme et le nom, et que l'inférieur se substitue à toute l'autorité. Mais si l'homme qui en a compris un autre est en état de le dominer, l'homme aussi que personne ne peut approfondir reste toujours comme dans une région inaccessible à la dépendance."

12.4.06

combat


En ce début de soirée, au bureau comme d'habitude, à Paris 20ème, fatigué, débordé, épuisé, stressé, laminé, au pied du mur, presque KO debout, je me dis qu'en fait, je suis encore et toujours prêt à me battre jusqu'au bout pour faire en sorte que les choses que j'entreprends adviennent un jour - et si possible dans pas trop longtemps. Malgré toutes les déceptions, toutes les emmerdes, toutes les embûches, tous les imbéciles et les raclures de bidets à qui j'ai affaire quotidiennement, voilà, c'est sûr, c'est vraiment sûr, qu'on se le dise clairement : jamais je n'abandonnerai.

10.4.06

victoire


Bon, ça y est, les pauvres petits étudiants ont eu la peau du méchant CPE. Donc, maintenant, ils sont contents et vont pouvoir retourner en cours, écouter sagement (et assimiler ad vitam eternam) tout ce que leurs honorables professeurs raconteront, avoir de jolis diplômes et souscrire des emprunts auprès de Cofinoga, Cofidis et consorts pour acheter des maisons quand ils auront enfin trouvé un emploi stable et
sécurisé.

9.4.06

dates


De retour de Bordeaux après un week-end bien trop rapide, je me rends compte que - finalement - cette ville bourgeoise dans laquelle j'ai grandi, j'y ai commis beaucoup de choses irréparables. Quand j'y reviens, j'ai toujours l'impression de porter plus lourdement le fardeau des années passées. J'ai besoin d'une chronologie, juste pour me souvenir, mais pas trop longtemps - vite.

1986 : j'ai 15 ans. Je manifeste dans les rues avec plein d'étudiants et lycéens. Je décide de changer le monde.
1988 : je réalise mon premier film en 16mm et en noir et blanc, "la lumière". Je suis amoureux de l'actrice.
1989 : second film, "petite conscience", encore amoureux de l'actrice (c'est la même que dans le premier). Je commence à ne plus trop comprendre où va le monde. Je pars vivre à Paris
1991 : troisième film, "arthur et clara" (mon dernier film terminé à ce jour), je suis encore et toujours amoureux de l'actrice. Je ne sais plus comment je vais pouvoir changer le monde. Je me dis que je trouverai plus tard.
été 1993 : je crée un festival, à la campagne, dans les ruines d'un château. Plutôt que de changer le monde, je décide d'en créer un nouveau à la frontière des landes et de la gironde. C'est un merveilleux et joyeux bordel. L'actrice des premiers film n'est plus là... J'ai quitté Paris, je vis de nouveau à Bordeaux. Puis à la fin de l'été, je repars à Paris.
été 1995 : pendant le festival, je fais mes adieux au cinéma avec une performance/film intitulée "quelques pas avant le naufrage". A la fin de cette dernière, je brûle les éléments originaux. Les flammes de la pellicule et de la bande son sont très belles. Pendant ce festival aussi, l'actrice est revenue, puis repartie ; je rencontre une nouvelle femme. Je quitte à nouveau Paris. Je décide de vivre sur place, dans un village nommé Préchac.
été 1996 : je me marie. La vraie vie a désormais remplacé la fiction, ou alors, je construis ma vie comme une fiction.
été 1997 : le festival m'emmerde. En quatre ans, de joyeux bordel il s'est transformé en évènement culturel. Je sais que je n'ai pas réussi à changer ce petit coin des landes girondines. Je ne ferai pas de sixième édition.
été 1998 : je quitte définitivement Bordeaux et sa région.
décembre 2002 : j'y reviens rapidement pour quelques semaines. Je me fais interner à l'HP et je cesse de boire.

7.4.06

effroi


Devant l'ordinateur, au bureau, ici, à Paris 20ème, quand je regarde l'ensemble des choses à réaliser pour que tout "tienne" demain et dans un futur proche. Le temps n'attend pas - jamais, et surtout pas en ce moment. La survie est devenue un mode de vie à part entière. Il ne s'agit pas de construire, d'imaginer de complexes plans de bataille mais simplement de ne pas
exploser.

Là, une urgence.
Ici, une priorité.
Là encore, un très, mais vraiment très grand retard.

Bref, dans des circonstances éternelles et permanentes proche du grand naufrage...

6.4.06

force

Là, eux : maintenant.

1.4.06

producteur



Trouver de l'argent, c'est à ça que je passe les neuf dixièmes de mon temps. Trouver de l'argent pour faire des films, trouver de l'argent pour survivre. Je me demande parfois pourquoi tout l'argent que je trouve ne sert qu'à faire des films et pas à porter atteinte au bel ordre du monde... Avec un million d'euros, c'est très difficile de faire un long-métrage. Avec un million d'euros pourtant, plein d'autres choses seraient possibles.

extrait

"... je vais retrouver Glenda et je lui dirai :
Dis-moi n'importe quoi.
Dis-moi tout.
Abolis tout ce temps qui nous a séparés.
Aime-moi ardente au milieu des dangers."
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