30.6.06

veillée d'armes


L'été est enfin là ; c'est désormais certain, le mois de juillet est proche. Tous les signes sont réunis : le Tour de France se prépare, la chaleur accable Paris, l'équipe de France de football va affronter demain celle du Brésil, certains commencent à partir en vacances, les jeunes femmes sont belles et les tournages s'enchaînent avec une fulgurance qui ne cesse de me stupéfier.

Pour l'instant (je le redis bien : pour l'instant) ça
passe.

Le château tient le coup - il le faut.

Demain, je ne sais pas. Les combats continuent à être menés mais la victoire reste encore incertaine et lointaine. Et là, quelque peu border-line devant mon objet transitionnel préféré -
Road to Nowhere en sourdine, seul au bureau rue Bisson avec T et mon ventilateur, le cerveau peu à peu grignoté par les tableurs excel et leurs cellules affolantes, je me dis que ça fait déjà bien longtemps (trop longtemps ?) que j'ai abandonné toute possibilité de certitude. Je me dis aussi que c'est très fatiguant de vivre ainsi. Je me dis enfin (et c'est le plus important) que si c'était à refaire, je ne changerai rien - jamais.

Et là, maintenant, un peu plus fort, très fort même :
Nothing's Impossible.

28.6.06

extrait

"Buzz déposa doucement le combiné, retourna dans la chambre et s'habilla. Audrey était toujours dans la même position, la tête enfouie dans l'oreiller, impossible de voir son visage.
- Y'en avait qu'une et c'était toi, dit Buzz avant d'éteindre la lumière.
Il agrippa son sac à vêtements en chemin et sortit sans verrouiller la porte.

(...)

Lorsque le bruit s'éteignit, il gravissait les contreforts des collines, et Los Angeles n'était plus qu'un gribouillis de néon dans son rétroviseur. Il palpa son avenir à côté de lui sur le siège : canon scié, héroïne, cent cinquante bâtons. La sensation ne collait pas, alors il se mit la radio et se trouva une station de hilbilly. La musique était trop douce et trop triste, comme une plainte pour revenir au bon vieux temps des choses faciles. Il écouta malgré tout. Les chansons lui firent penser à lui-même...

(...) "

26.6.06

mireille


Aujourd'hui, sur le tournage de hqm, j'ai passé un long moment à discuter avec elle et une autre personne qui avait joué dans le film dont est tirée cette photo. Nous avons parlé de LC bien sûr, du cinéma (de l'envie terrible et tenace qu'il faut avoir pour continuer à faire du cinéma aujourd'hui) et du temps qui s'écoule, passe et n'attend pas. A cette terrasse de café, entouré d'autres membres de l'équipe, rue de la Fidélité, à Paris, je me suis retenu de faire des photographies, je me suis dit qu'il fallait parfois rester au pays des merveilles et des rêves d'enfants.

24.6.06

hôtel berkeley


Ce matin, aux alentours de 8h30...

22.6.06

1986


Le 21 juin de cette année, Michel Platini loupait son penalty mais l'équipe de France battait quand même celle du Brésil.

Cette nuit là, dans les rues bordelaises, la fête fut à son apogée - une vraie merveille faite de "l'étoffe dont on tisse les rêves", LC allait bientôt sortir son second film, l'été s'annoncait comme une belle aventure, j'avais quinze ans -
in between days : je découvrais les jeunes femmes et l'alcool.

Aujourd'hui, mes souvenirs sont d'une terrible clarté.

Aujourd'hui, je me rends compte que c'était il y a vingt ans.

20.6.06

imitation of life


Cette sensation, maintenant, persistante tandis que la musique est encore forte et que les personnes présentes commencent à être grisées, celle qu'au fil des jours les merveilles et les buts désirés s'éloignent, que les films rêvés se détraquent, se rayent ou s'enrayent - toujours.

Hum...

Oui. C'est un soir triste.

19.6.06

sur le fil


De justesse la réception fut bonne. Ce fut limite - vraiment. Mais encore une fois, le crash a été évité.

Maintenant, il s'agirait d'appliquer à d'autres événements pratiques de la vie réelle la technique du saut dans le vide (ou se jeter à l'eau, c'est selon) : oser tant qu'il est encore temps.

16.6.06

hsbc


Voilà, ça c'est la situation actuelle. Aujourd'hui à presque 18 heures. Les sommations d'usage ont été faites, les contre-mesures lancées mais la réception du saut n'est pas encore connue...

14.6.06

j (suite)

12.6.06

soir


Là, au bureau, rue Bisson, 23 heures et quelques minutes, à Paris, quand il fait chaud, que la musique est forte, que sous l'effet de l'alcool et des épaisses fumées les langues se délient, que les 10 personnes présentes m'apparaissent cent, et que je suis encore devant mon ordinateur dans ce joyeux bordel, et bien en fait je me sens bien.

Je me sens même très bien - enfin insouciant.

11.6.06

extrait

"Tout ce qui me reste, c'est la volonté de me souvenir. temps aboli, rêves de fièvre - je m'éveille dans un sentiment d'attente, j'ai peur d'oublier. La femme reste toujours jeune, et c'est aux photographies qu'elle le doit.

(...)

Je suis vieux, j'ai peur d'oublier :
J'ai tué des innocents.
J'ai trahi des serments sacrés.
J'ai moissonné l'horreur pour en tirer profit.
Fièvre - brûlante maintenant. Je veux m'en aller, suivre la musique - me laisser prendre à son tourbillon, sombrer avec elle."

9.6.06

arrivée



Je n'y suis pas encore - loin de là. Je sais, désormais, que la route sera longue. Mais ce n'est pas grave. L'important est de tenir, sur la durée, contre vents et marées - définitivement envers et contre tout.

6.6.06

j


Sans commentaires particuliers...

4.6.06

sport


Tandis que l'équipe de france de football se prépare à se prendre une belle déculottée au mondial allemand, que des joueuses et des joueurs de tennis s'expliquent avec une grande beauté sur les courts de terre battue de Rolland Garros, que le long-métrage - hqm - continue à se tourner, qu'un autre film - lge- un court cette fois-ci, va commencer dans une semaine, je me dis que je souhaiterais pouvoir passer un temps assez long à regarder le sport à la télévision. A part le cinéma, je ne connais rien d'aussi beau que le sport à la télévision - c'est d'ailleurs la seule chose (le sport filmé) que cette dernière ait réellement inventé.

Ces matchs de football, de tennis, ils font partie de mes films
préférés, et chéris. Mac Enroe contre Lendl en 1984 c'est du John Ford. France-Allemagne à Séville, en 1982, c'est du Douglas Sirk. France-Brésil en 1986 c'est du Hawks.

Ces "films" en direct, ils sont mille fois meilleurs que ceux que les raclures de bidets présentent dans les festivals kulturels.

Hum...

Je me pose donc cette question (et ce n'est pas la première fois que je me la pose) : et si, plutôt que de faire du cinéma, j'avais choisi d'être journaliste sportif ?

Mouais...

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